Brancher un interrupteur de VMC 2 vitesses paraît technique, alors que le principe tient en une phrase : la phase passe par l’interrupteur, qui l’oriente vers la petite vitesse ou la grande vitesse, tandis que le neutre et la terre vont directement au caisson. Voici le schéma de branchement, le repérage des fils, les étapes de câblage et les points de contrôle pour éviter les mauvaises surprises.
Comment fonctionne une VMC 2 vitesses et quel interrupteur choisir ?
Une VMC 2 vitesses fait tourner le moteur du caisson de ventilation à deux régimes. La petite vitesse assure le renouvellement d’air de base, en continu. La grande vitesse se déclenche ponctuellement, pendant un repas ou une douche, pour évacuer plus vite l’humidité et les odeurs par les bouches d’extraction de la cuisine et de la salle de bains.
L’interrupteur, souvent appelé commutateur, sert à choisir l’un des deux régimes. Il en existe deux familles : le modèle à deux positions (PV et GV) et le modèle à trois positions, qui ajoute une position arrêt. Dans un logement occupé, la ventilation doit rester active en permanence, donc le commutateur sans arrêt est le choix le plus cohérent.
Position arrêt : pourquoi mieux vaut s’en passer
La réglementation sur l’aération des logements prévoit un renouvellement d’air permanent. Couper la VMC favorise la condensation, les moisissures et l’air confiné. Si votre interrupteur possède une position 0, laissez-le sur la petite vitesse et réservez l’arrêt aux interventions de maintenance.
Avant d’acheter, vérifiez la compatibilité avec votre caisson. Les modèles Aldes, Atlantic ou Unelvent n’utilisent pas toujours les mêmes repères sur leurs bornes (PV, GV, 1, 2, couleurs de fils). Un interrupteur 2 vitesses standard convient à la plupart d’entre eux, à condition que l’intensité supportée soit supérieure à la consommation du moteur, ce qui est presque toujours le cas.
Schéma de branchement d’un interrupteur VMC 2 vitesses
Le schéma ci-dessous résume le schéma de câblage le plus courant. La phase arrive du tableau sur la borne commune de l’interrupteur (notée COM ou L). Deux fils repartent de l’interrupteur vers le caisson : l’un vers la borne PV, l’autre vers la borne GV. Le neutre et la terre rejoignent le caisson sans passer par l’interrupteur.
Repérer les fils du caisson et de l’interrupteur
Le tableau suivant fait la correspondance entre les bornes de l’interrupteur et celles du caisson. Les couleurs indiquées sont les plus fréquentes, mais elles varient selon les câbles et les fabricants.
| Fil | Borne interrupteur | Borne caisson | Couleur usuelle |
|---|---|---|---|
| Phase d’alimentation | COM (ou L) | Aucune | Marron, rouge ou noir |
| Petite vitesse | PV (ou 1) | PV | Variable (noir, gris, marron) |
| Grande vitesse | GV (ou 2) | GV | Variable (noir, gris, marron) |
| Neutre | Aucune | N | Bleu |
| Terre | Aucune | Borne terre | Vert et jaune |
Côté caisson, ouvrez le couvercle du bornier : les bornes sont généralement sérigraphiées. Côté interrupteur, le schéma est imprimé au dos du mécanisme. Si les deux indications divergent de ce que vous lisez ici, ce sont elles qui font foi, pas le code couleur théorique.
Brancher l’interrupteur pas à pas

Prévoyez un tournevis isolé, une pince à dénuder, un VAT (testeur de tension), des dominos ou des bornes à ressort, une boîte d’encastrement adaptée et du câble 3G1,5. Cette section de 1,5 mm² suffit largement pour l’alimentation d’un caisson de VMC, protégé par un disjoncteur de 2 A à 16 A selon l’installation.
- Coupez le courant au disjoncteur dédié à la VMC (ou au général) puis contrôlez l’absence de tension avec le VAT sur chaque fil.
- Repérez les fils dans la boîte d’encastrement et sur le caisson, puis étiquetez-les avec un morceau de ruban adhésif.
- Raccordez la phase d’alimentation à la borne COM de l’interrupteur.
- Reliez la borne PV de l’interrupteur à la borne PV du caisson, puis la borne GV à la borne GV.
- Reliez le neutre et la terre du tableau directement au caisson, éventuellement en passant par des dominos dans une boîte de dérivation.
- Fixez l’interrupteur dans sa boîte, remettez le caisson en état, puis rétablissez le courant.
Si vous remplacez un ancien interrupteur, photographiez le câblage avant de tout déconnecter. Ce réflexe évite de croiser PV et GV, une inversion fréquente lors d’un remplacement.
Tester l’installation et éviter les erreurs courantes
Une fois le courant rétabli, placez l’interrupteur sur la petite vitesse : le caisson doit tourner doucement, avec un souffle régulier au niveau des bouches. Passez ensuite en grande vitesse : le débit augmente nettement et le bruit aussi. Approchez une feuille de papier d’une bouche d’extraction pour vérifier que l’air est bien aspiré.
Si l’effet est inversé (le caisson est bruyant en position PV et discret en GV), les fils PV et GV sont intervertis. Coupez de nouveau au disjoncteur et permutez-les. Si rien ne démarre, contrôlez d’abord la présence de la phase sur COM, puis le neutre au bornier du caisson, et enfin l’état du fusible ou du disjoncteur.
Les erreurs les plus courantes sont peu nombreuses :
- faire passer le neutre par l’interrupteur, ce qui fausse le fonctionnement et la sécurité ;
- oublier de raccorder la terre du caisson métallique ;
- laisser des brins dénudés qui dépassent des bornes ;
- travailler sans avoir vérifié l’absence de tension avec le VAT, en se fiant au seul disjoncteur.
Normes, sécurité et cas particuliers

L’installation doit respecter la NF C 15-100, qui impose un circuit protégé, une liaison à la terre et un matériel adapté aux volumes de la pièce. Un interrupteur de VMC ne se place pas dans le volume de la baignoire ou de la douche : installez-le dans une zone hors volumes, par exemple dans la cuisine ou le couloir, à hauteur d’interrupteur classique. En cas de doute sur l’état du tableau ou de la ligne, faites intervenir un électricien.
Plusieurs cas particuliers modifient le câblage. Une VMC hygroréglable module elle-même son débit selon l’humidité, et n’a donc en général pas besoin d’interrupteur de vitesse : une grande vitesse commandée en complément se raccorde alors selon la notice du fabricant. Un interrupteur temporisé, qui ramène la VMC en petite vitesse au bout d’un délai, se branche comme un commutateur classique mais exige parfois un neutre supplémentaire au niveau de la boîte.
Pour piloter la VMC depuis deux endroits (cuisine et salle de bains, par exemple), il ne suffit pas de doubler l’interrupteur : le montage nécessite des commutateurs spécifiques ou un module dédié, et la phase, la PV et la GV doivent être gérées pour chaque point de commande. Ce type de montage se prépare à l’avance avec un schéma précis, car une erreur peut maintenir le caisson sous tension en permanence.
Enfin, gardez la notice du caisson à portée de main et confrontez-la systématiquement au schéma de ce guide pratique. Dès que les repères ne correspondent pas ou que le câblage existant semble improvisé, mieux vaut s’arrêter et demander un avis professionnel plutôt que de forcer un raccordement incertain.





